Quelle est la portée de la médiation inclusive sur le grand public ? 1/5

Constat #1 : une station tactile génère de la conversation

Quand un dispositif de médiation tactile est mis à disposition du public dans une exposition culturelle ou scientifique, cela crée de la conversation au sein du groupe de visiteurs. Comment le savons-nous ? Nous avons observé patiemment et discrètement* 743 visiteurs parcourant le Pavillon de l’Horloge** au Louvre et découvrant 12 stations de médiation inclusive.

Cette étude était motivée par la question suivante : si les supports de médiation tactiles ont été conçus pour les malvoyants et les non-voyants, quel rapport le grand public entretient-il avec eux ? 

D’après nos observations, un seul membre du groupe touche les éléments tactiles mais tous regardent le dispositif. Ou bien un membre touche ce qu’un autre indique. Dans tous les cas, la station tactile génère une discussion au sein du groupe.

L’OCIM (Office de coopération et d’information muséales) vient de publier les résultats de notre étude dans sa revue (consulter). Nous les remercions de donner aux professionnels de la médiation culturelle l’occasion de prendre connaissance de cette analyse des publics et des questions qu’elle pose sur l’intérêt du design inclusif dans le parcours d’un visiteur lambda : conversation, attention, interactions…

Dans un prochain article, nous évoquerons un autre enseignement de cette étude lié à l’attention du public.

Notes :
*Nous avons utilisé la technique du shadowing qui consiste à devenir l’ombre de quelqu’un pour observer et découvrir ses comportements et interactions avec son environnement.
**Le Pavillon de l’Horloge au Louvre est consacré à l’explication de l’évolution architecturale et fonctionnelle du palais royal en musée ; il est accessible à tous, grâce à douze stations conçues avec un souci didactique par Tactile Studio.