Médiation culturelle x Covid : comme une réouverture au public

Après un an de culture intermittente (voire franchement empêchée), il est instructif d’écouter les équipes de médiation culturelle. Des tentatives. Des obstacles aussi. Et une question centrale : quels sont les effets de la pandémie sur la relation du public au musée ? On croit percevoir une sorte de réouverture au public, comme une qualité d’écoute du public recouvrée.

Le mois dernier, plus de 300 professionnels (médiateurs, responsables d’accessibilité, chercheurs…) ont activement participé aux séances collaboratives organisées par L’École de design Nantes-Atlantique, Tactile Studio et soutenues par le Ministère de la Culture*.

La question du lien était au cœur des échanges : la qualité du lien avec le public (Comment maintenir une personnalisation du lien avec une affluence plus forte ? La médiation en ligne est-elle réellement accessible à tous ?) mais aussi les nouvelles formes de lien (Quand le lieu s’y prête, comment investir les extérieurs du musée ? Comment créer des ponts avec d’autres structures pour élargir la présence du musée ailleurs ? etc.). 

Nouvelles pratiques, questions nouvelles

Les enjeux identifiés au fil des échanges portaient sur trois axes : 

  1. la médiation inclusive hors les murs, 

  2. le lien avec le public, 

  3. l’offre numérique (limites/complémentarités).

 

Vous pouvez consulter l’ensemble des initiatives et des questions partagées en live : ici.

Médiation diversifiée x coopération intensifiée

Il y a un an, des médiateurs culturels* exprimaient déjà le désir d’expérimenter de nouvelles offres pour les publics. Hors les murs, un peu. Offre en ligne, surtout. Le désir est toujours là mais quelque chose est apparu plus nettement aujourd’hui : ce qui était pensé pour le public doit désormais l’être avec. La médiation appelle désormais la concertation, voire la participation plus active des publics. 

En analysant les initiatives partagées, un autre constat nous interpelle : la diversification de la médiation est corrélée à l’intensification des coopérations. Logique. Pour renouveler son offre, tout musée s’ouvre encore plus aux besoins du public et cherche davantage de synergies avec des partenaires, essentiellement locaux. 

Avec la pandémie, les changements ne s’apprécient plus seulement à l’échelle du musée mais aussi à l’échelle de l’écosystème de la médiation culturelle (et sociale).

 

Le dernier rapport de l’UNESCO*** sur les musées face à la pandémie abonde en ce sens, soulignant que “la pandémie  a  aussi  fait  apparaître  l’importance  de  renforcer la  coopération avec les autres musées, afin d’envisager des solutions collectives.” Le besoin de synergies est exprimé, il reste à faire les premiers pas et à s’organiser.

Sources :
*Restitution complète des 3 webinaires Initiatives culturelles inclusives (ICI), organisés du 1er au 15 avril 2021 par Tactile Studio et L’École de design Nantes-Atlantique, avec le soutien du Ministère de la Culture : ici
**Etude MUXXE Musées x Covid, juin 2020 : ici.
***Rapport UNESCO, les musées dans le monde face à la pandémie de COVID-19, avril 2021, page 26 : lien